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Ceci n’est pas une blague

Comment s’est déroulé l’hiver dans les rues de nos villes ?
27 mars 2012

Avec la fin de l’hiver, l’accueil d’hiver ferme ses porte le 1er avril. Pour autant, ce n’est pas la fin des problèmes pour les sans-abris. Comment ceux-ci ont-ils vécu ces périodes de grand froid ? Ont-ils été accueillis dans des structures d’accueil ?

C’est ce qu’un mouvement de lutte contre la pauvreté a voulu savoir. En interrogeant directement les personnes concernées. Avec à la clé, un bilan région par région. Et des recommandations pour les mois et les hivers à venir.

Extraits du communiqué de presse de BAPN, Réseau belge de lutte contre la pauvreté, 20 mars 2012.

Cet hiver s’est déroulé comme les hivers précédents : dès que le froid était bien présent, les médias – et avec eux la plupart des politiques – ont découvert soudainement qu’en Belgique aussi des gens doivent survivre dans la rue. Aujourd’hui, quelques jours avant la fermeture de la plupart des initiatives locales pour un accueil d’urgence des sans-abris pendant l’hiver, nous nous demandons qui cela empêche encore de dormir. Pour les plusieurs centaines de sans-abris qui ont trouvé cet hiver une ’solution’ à court terme dans un accueil d’hiver, le 1er avril – jour de la fin des dispositifs hivernaux – sera une fois de plus un très mauvais ’poisson d’avril’ : en effet, à partir de ce jour-là, ils dormiront de nouveau dans la rue ! [...]

Puisque cette situation perdure déjà depuis des années, le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté (BAPN), avec un large groupe d’organisations de la société civile, ont mené une action l’année passée, suite à l’hiver 2010-2011. Aujourd’hui, un an et un hiver plus tard, nous manifestons de nouveau. En effet, les promesses politiques pour une autre approche n’ont pas abouti à grand chose. Et, bien qu’il y ait des différences ça et là sur le terrain par rapport à l’année passée, les défauts constatés alors persistent encore ! [...]

Cet hiver, nos associations où les personnes en situation de pauvreté prennent la parole ont de nouveau rassemblé des témoignages du terrain dans les 3 régions. Nous insistons sur le fait que notre enquête n’est que partielle (ceci ne relève pas de nos missions) et que notre information est probablement ça et là perfectible, mais notre vision de la problématique est globalement correcte. L’information rassemblée provient des communes où nos associations pouvaient fournir des informations pour l’enquête, où nous sommes en contact avec des sans-abris, où nous disposons de bons contacts avec des travailleurs confrontés quotidiennement avec les sans-abris. Malgré ces limitations (que nous avons choisi en partie intentionnellement : nous cherchions à connaître la version non-officielle de l’histoire !) nous avons toutefois mis le doigt sur les manquements les plus importants de l’accueil d’hiver ! [...]

Dans notre information sur l’accueil d’urgence pendant cet hiver, nous nous limitons aux dispositions pour les sans-abris. Par principe, nous ne faisons pas de différences entre les sans-abris ’d’ici’, les personnes sans-papiers, les citoyens européens ou non européens, les candidat-demandeurs d’asile… Ces personnes sont des personnes, être dans la rue, c’est être dans la rue. Bien évidemment, nous signalons les cas où les gens sont - en raison de leur statut, origine, lieu de résidence… - exclus de certaines dispositions ou éprouvent des problèmes particuliers. Nous signalons également quand un manque de dispositions dans d’autres secteurs (p.e. FEDASIL, les initiatives d’accueil locales des CPAS (ILA)…) entraîne que le groupe cible de ces dispositions, ceux qui doivent être aidés à ces endroits, ’pèse’ sur l’accueil des sans-abris. Nous ne discutons pas des problèmes de ces autres secteurs. Ci-dessous, l’inventaire de nos constatations, région par région, suivi des quelques tendances que nous voyons revenir dans tout le pays. Pour clôturer, nous formulons nos revendications. Il est grand temps que l’approche change ! [...]

Quelques tendances...

Pour commencer : cet hiver encore, des gens ont dormi dehors, et ce, presque partout en Belgique, même pendant les semaines d’extrême froid. Dans certaines villes et communes, organisant déjà un accueil de nuit d’urgence et accessible, le nombre de places a été augmenté. Par contre, il semble qu’il y ait une constante : la création des places supplémentaires s’est faite lors de l’arrivée de l’extrême froid. [...]

Malgré la demande claire des travailleurs et organisations de la société civile sur le terrain pour garder durant toute l’année un accueil d’urgence accessible (lit-bain-pain), on persiste à opter presque partout pour une limitation de cette offre supplémentaire à la période d’hiver. [...]

Nous avons noté également beaucoup d’histoires de personnes qui ont choisi de rester dans ’leur’ commune ou ville lors de l’extrême froid, même si aucun accueil n’y est accessible et qu’ils sont obligés de trouver d’autres ’solutions’ : un squat, un garage souterrain, celui qui a de la chance chez des connaissances pour quelques nuits... Les gens prennent cette décision non seulement pour des raisons émotionnelles, très souvent il y a des raisons pratiques contraignantes : on travaille (oui, il y a des sans-abris qui ont un emploi !), les enfants vont à l’école dans la commune, on est intégré dans un réseau social ou on a une relation en cours avec une aide sociale. [...]

Le constat est que la concertation entre le pouvoir fédéral et les régions et communautés au sujet d’objectifs communs et d’efforts partagés, reste faible. [...]

Les efforts du pouvoir fédéral sont restés presque les mêmes que l’année passée et ont même légèrement diminué. [...]

Plus d’infos

- www.bapn.be

Dossier complet

PDF - 733.8 ko
Dossier accueil hiver (pdf, 12p., 734ko)

Vous y trouverez :

- les constats région par région

- les tendances pour tout le pays

- et les recommandations.

Communiqué de presse du 20 mars 2012

Rencontre entre la Secrétaire d’État à l’Intégration sociale et la Lutte contre la pauvreté, Maggie De Block, et le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté (BAPN)

Dans le cadre de son action publique relative à la fin de l’accueil hiver des personnes sans-abris, le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté (BAPN) a été reçu par Mme Maggie De Block, Secrétaire d’État à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la Pauvreté.

Lors de cette rencontre, BAPN a fait part de ses observations en matière des dispositifs existants dans les trois Régions du pays et a également mis en avant des propositions de recommandations.

Madame De Block a fait état de toutes les initiatives concrètes qui ont été prises à son initiative, notamment l’ouverture d’un nombre important de places sur Bruxelles et ce sans attendre la période de grand froid qu’a connu la Belgique dans le courant du mois de février. Les acteurs de terrain ont reconnu la détermination de la Secrétaire d’état en la matière.

Certes, tous les problèmes ne sont pas encore résolus pour autant. La Secrétaire d’État souhaite aller vers des solutions concrètes dans le cadre du groupe de travail « sans-abrisme » qui se réunit en conférence interministérielle (CIM), associant les différents niveaux de pouvoir (fédéral, Régions et Communautés). Il est en effet fondamental qu’une approche concertée se fasse afin de trouver des réponses structurelles.

Dans le but d’aller vers plus d’efficacité, et de résoudre les problèmes sans réponse actuellement, la Secrétaire d’État et BAPN vont travailler ensemble à partir de 3 axes concrets :

  • relever les bonnes pratiques en matière d’accueil et/ou de coordination d’actions d’accueil des sans-abris dans la perspective de favoriser l’essaimage ;
  • identifier des situations particulièrement critiques qui existent encore à différents endroits, tout en formulant des propositions de solutions ;
  • dans le cadre de la conférence interministérielle, défendre des politiques structurelles qui ont un impact important sur le sans-abrisme et le sans-chez-soi : politiques du logement, adresse de référence, non-individualisation des droits.

Rendez-vous est donc pris avec la Secrétaire d’État pour que l’accueil d’urgence de l’hiver prochain soit assorti de dispositifs complémentaires adaptés, et pour que la prévention et le post-plan accueil d’urgence hivernal offrent des perspectives à ceux qui ne doivent plus être sans-abris demain.

Pour BAPN, Christine Mahy, Présidente.


Les Médecins du Monde réagissent également : Le plan hiver prend fin, l’exclusion des soins continue.