Avant chaque nouvelle élection, la Fédération des maisons médicales remet à jour son cahier de propositions politiques. L’objectif de celui-ci est d’impulser des idées auprès des futurs décideurs politiques. Pour une politique de santé plus accessible, plus efficiente et plus équitable dans un contexte global d’une société plus solidaire.
Dans le cahier de propositions politiques, certaines propositions sont générales et d’autres plus spécifiques au secteur de la santé et des maisons médicales.
Outre sa fonction auprès des candidats à l’approche des élections, ce cahier sert également de ligne de conduite aux mandataires de la Fédération lors des négociations réalisées dans les différents lieux de décisions.
Dans le cadre des élections fédérales 2010, nous avons également dégagé 10 priorités pour la nouvelle législature.
Le maintien d’une sécurité sociale fédérale couvrant l’ensemble de la population belge dans l’objectif de couvrir un maximum de risques et à l’abri de toute tentative de privatisation ou marchandisation. Le financement doit être basé sur tous les types de revenus, et pas uniquement sur les revenus du travail. Le système doit être attractif pour les classes moyennes et supérieures afin de garantir l’équité et la solidarité, moyennant une participation de chacun selon ses moyens.
La recherche concrète d’une plus grande cohérence dans les mesures prises à différents niveaux de pouvoir par les décideurs en matière de santé. Pour cela, il est nécessaire de définir des objectifs généraux communs au niveau fédéral, en concertation avec les autres niveaux. De plus, remettre les différents aspects de santé à un seul niveau de pouvoir permettrait une plus grande intégration des mesures prises.
Pensons notamment au découpage des compétences entre régions et communauté, qui rendent difficiles l’intégration des fonctions de prévention et de promotion de la santé aux activités curatives, tout comme l’organisation des fonctions d’observation socio-sanitaire et de santé communautaire.
L’élaboration d’une loi santé qui permette d’évaluer a priori l’impact de toute politique publique sur la santé, et qui organise les possibilités d’interpellation de n’importe quel département par celui qui a la santé dans ses responsabilités. Cette évaluation devrait prendre en compte également l’égalité en santé, la lutte contre les inégalités sociales en santé.
Les inégalités sociales face à la santé ne cessent de croître : la nécessité de s’attaquer aux déterminants de la santé autres que biologiques : (emploi, logement, environnement, enseignement, mobilité,…) est de plus en plus évidente. L’Enquête Nationale de santé par interview, un rapport de la Fondation Roi Baudouin, ainsi qu’un rapport de l’OMS, en attestent et font des propositions en matière de lutte contre ces inégalités. Il faudrait notamment rendre l’individualisation des droits sociaux à tous les citoyens (supprimer le statut de cohabitant) et augmenter les minimas sociaux pour atteindre au minimum le seuil de pauvreté.
La première ligne pourrait prendre en charge 80% des problèmes de santé présentés par la population. Le travail de la première ligne doit faire l’objet de recherches et d’évaluations et bénéficier d’un soutien politique et financier stable lui permettant de démontrer son efficacité. Le système de soins de santé doit être organisé (3 lignes), rationnalisé, subsidiaire et donc échelonné. L’application de ces principes imposent que tout acte soit réalisé au niveau de soins le plus efficient, c’est-à-dire à compétence et qualité suffisante, avec le moindre coût.
Aujourd’hui, la politique de santé est essentiellement aux mains de la santé publique et de l’INAMI (le comité de l’assurance, la médico-mut…) au sein desquels les médecins spécialistes et les mutuelles ont beaucoup de poids. Le politique est donc sans pouvoir réellement déterminant. L’évaluation et la réforme de certains mécanismes décisionnels de politique de santé sont nécessaires afin de rééquilibrer les rapports de force entre hôpital/ambulatoire, généralistes/spécialistes. Il est impératif, si nous voulons sortir de la logique hospitalo-centrée, de redonner au politique un vrai pouvoir d’orientation et de décision, tout en préservant une concertation optimale avec tous les acteurs sur le terrain de la santé.
Il n’existe pas actuellement de cadre juridique spécifique aux pratiques de groupe au niveau fédéral. Cela rend impossible l’application de normes de qualité, l’adaptation des différentes mesures visant la 1ère ligne de soins et l’attribution d’un financement spécifique. Les pratiques de groupes multidisciplinaires doivent être reconnues étant donné la plus-value qu’elles apportent à la santé publique.
Une réforme de la psychiatrie vers un virage ambulatoire est en cours. Les maisons médicales de part leurs équipes pluridisciplinaires et leur accessibilité sont tout particulièrement outillées pour prendre en charge les patients en souffrance mentale. Un financement de la fonction psycho sociale au sein des centres de santé intégrée est nécessaire.
Dans un contexte de pénurie de généralistes, il est impératif de renforcer l’attractivité de la profession notamment en revalorisant l’acte intellectuel, en réformant en profondeur la garde. Il faut également évaluer les besoins en termes de médecins et adapter le numerus clausus pour une réelle planification de l’offre, au niveau du territoire et des spécialités.
Dans un contexte de pénurie d’infirmières, revalorisation du métier d’infirmière à domicile notamment en développant une spécialité spécifique en soins infirmiers à domicile, en reconnaissant et en finançant la formation continue et mise en place d’une accréditation, en créant un fond de type « impulseo » pour résoudre les difficultés de recrutement et en revoyant la nomenclature.

A télécharger : Le Cahier des propositions politiques de la Fédération des maisons médicales (pdf, 250 ko)
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