Santé conjuguée
N°52 : avril 2010 : Loi-Santé.
N°53 : juillet 2010 : décroissance et solidarité ?
N°53 : octobre 2010 : sujet à déterminer
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Vous trouverez la présentation des quatre derniers numéros de notre revue ci-dessous. ()
Arbeit macht frei. Le cynisme de cette
inscription sur le sinistre portique qui
marquait l’entrée du camp d’Auschwitz
serait-il en train de faire de
petits ? Sous la pression du nouveau
management néolibéral, les conditions
de travail se dégradent depuis 30 ans,
au prix de la santé et parfois de la vie
des travailleurs. Verra-t-on un jour, à
l’entrée des entreprises, un fronton
proclamant que « Le travail tue en
toute impunité » ? Il n’est pas question
ici de noircir les perspectives du
monde du travail mais de prendre
conscience des processus destructeurs
qui sont à l’oeuvre et d’en tirer les conclusions
pour construire la résistance.
Pour n’avoir pas à vraiment choisir :
santé ou travail ?
Il ne se trouve plus grand monde pour contester que l’état de santé des populations est davantage lié aux conditions socio-économiques qu’à une surenchère de l’offre curative. Ou, en d’autres termes, que la lutte contre les inégalités de santé repose entre autres sur l’accès au logement, à l’éducation, à un revenu décent, à la justice sociale. Toutes choses qui aujourd’hui ne sont même plus garanties dans nos pays riches… pas pour tout le monde. S’attaquer à ce problème, c’est à la fois engager le niveau politique et mobiliser des stratégies interdisciplinaires. Ceci relève du défi dans le complexe politico-institutionnel belge. On peut en effet dire que la promotion de la santé jouit d’un jugement très favorable dans les discours mais, dans le concret, se confronte à des obstacles tels qu’elle demeure en fait une contre-culture.
Alors, la promotion de la santé, une belle idée qui s’en va à vau-l’eau, une grenouille qui aurait voulu se faire aussi grosse que le bœuf… On n’est pas d’accord ! Et on l’explique dans un cahier d’analyses et d’arguments pour une promotion de la santé à la hauteur des réalités et de nos ambitions.
- La promotion de la santé en Communauté française : un dispositif structuré, des questions multiples
La politique de promotion de la santé est organisée par décret en Communauté française depuis l997 (...) (Lonfils Charlotte,
Prévost Marianne )
- La promotion de la santé en Communauté française de Belgique : entre enfermements et ouvertures ?
Le 28 mars 2009, l’APES-ULg organisait un séminaire intitulé : Actualiser la promotion de la (...) (Gaëtan Absil)
- Le centre local de promotion de la santé de Bruxelles décline la promotion de la santé au niveau local
Il existe 10 centres locaux de promotion de la santé en Communauté française. Leurs missions, (...) (l’équipe du centre local de promotion de la santé de Bruxelles)
- Où chercher l’information en promotion de la santé : le Réseau bruxellois de documentation en promotion de la santé
La recherche documentaire et bibliographique est une démarche essentielle pour réfléchir, asseoir (...) (Danielle Dombret,
Mourad Benmerzouk)
- Santé publique et promotion de la santé : l’expérience de la Cap Coeur
Comment construire un programme de promotion de la santé à l’échelle d’une large population – celle (...) (Alain Levêque,
Cécile Béduwé,
Hubens Valérie,
Jean-Luc Collignon,
Yves Coppieters)
- Promotion de la santé : et les publics "difficiles" ?
La Fondation Roi Baudouin a lancé en 2008 un appel à projets sur la santé du coeur. 17 promoteurs (...) (Hervé Lisoir,
Roger Lonfils)
- Bien-être et santé du coeur auprès de la population défavorisée : petit tour d’horizon des projets
La Fondation Roi Baudouin apporte un soutien à 17 projets centrés sur le bienêtre et la santé au (...) (Lonfils Charlotte,
Prévost Marianne )
- Comment parler de l’alimentation avec nos patients ? Deux initiatives à partager
La maison médicale Alpha Santé a mis sur pied, en collaboration avec Cultures et santé, un (...) (Anne Lixon,
Dubois Bénédicte )
- Au coeur de la vi(ll)e, le vélo...
Le projet du CPAS de Namur présenté ici est un bel exemple de rencontre des paradigmes différents (...) (Sabine Bouz)
- De la problématique logement à la rénovation de l’îlot Cherequefosse à Tournai : les habitants au coeur des projets
Le collectif Droit au logement pour tous (DAL) ne se considère sans doute pas comme un acteur de (...) (Aurélie Viseur)
- L’analphabétisme en santé
L’analphabétisme dans le domaine de la santé semble être une réalité fréquente, sous-estimée et (...) (Gilles Henrard)
- "Docteur, ils parlent tous médecin ici !" La santé du coeur chez les apprenants de Lire et Ecrire
Lire et Ecrire conçoit la formation comme un lieu de resocialisation permettant de mettre en (...) (Prévost Marianne )
- Médecine générale et promotion de la santé... Une histoire comme les autres
Comment prendre en compte les déterminants de la santé dans une consultation de médecine générale (...) (Laperche Jean)
- Promotion de la santé et développement durable : le cas des villes-santé
Depuis l986, l’Organisation mondiale de la santé – OMS propose aux villes d’intégrer la santé, au (...) (Prévost Marianne )
- Quand l’utilisation d’une grille d’observation devient un véritable outil de conscientisation
Né dans les années 70, principalement au Québec, le concept de « santé communautaire » s’enracine (...) (Galli Mariela, Langlois Gaëlle, Lebourdais Perrine, Pissarro Bernard)
La Charte d’Ottawa a été élaborée en 1986. Elle marque « officiellement » le début du mouvement de promotion de la santé, même si, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, de nombreux acteurs en faisaient déjà sans en avoir l’air, telles les maisons médicales apparues en 1972. On a beau avoir changé de millénaire, il n’y a là rien d’obsolète, que du contraire : le temps présent voit se creuser toujours davantage les inégalités et les « crises » font basculer de plus en plus de personnes dans la précarité, tandis que les conditions de la santé (ce qu’on appelle les déterminants, comme l’environnement, le logement, le revenu, l’enseignement) se dégradent pour tous. Le travail en promotion de la santé, qui s’axe sur ces problématiques est donc tout à fait d’actualité. Dans ce numéro de Santé conjuguée, nous en rappellerons les grandes orientations et verrons comment les maisons médicales les vivent sur le terrain et quels résultats elles atteignent. Notre prochaine livraison s’ouvrira aux actions de promotion de la santé de nos partenaires extérieurs et du monde associatif au sens large.
- « Professionnels de la santé, vous avez un rôle important dans la réalisation de nos projets » : une interpellation du Quart Monde
Ce document s’adresse au monde associatif, aux citoyens, aux professionnels, à tous ceux qui (...) (ATD Quart Monde Wallonie-Bruxelles asbl)
- Pour un renforcement de la promotion de la santé en Communauté française : plaidoyer des acteurs
En 1997, la Communauté française adoptait une position novatrice en Europe, en organisant un (...) ()
- Des facteurs influençant la mise en place d’actions de promotion de la santé dans les maisons médicales à Bruxelles
La promotion de la santé, enjeu majeur de l’amélioration de la santé des populations dans l’avenir (...) (Moreau Anne )
- Les dimensions d’une médecine générale de qualité
Avec l’histoire d’une famille, Michel Roland illustre l’insuffisance de la seule dimension (...) (Roland Michel)
- Travailler en réseau : le patient schizophrène et son médecin généraliste
Les médecins généralistes sont en première ligne face à des problématiques de santé mentale (...) (Daron Anne)
- L’empowerment et la connaissance des savoirs et représentations comme leviers de santé : alimentation et précarité
L’abondance des biens de consommation alimentaire et la déstructuration de l’alimentation amènent (...) (Hoornaert Chantal )
- Une association de patients, acteur collectif de promotion de la santé
La coopérative des patients est partenaire de la maison médicale Bautista van Schowen depuis (...) (Crismer André)
- La santé communautaire, un long fleuve tranquille ? Développement d’une dynamique de quartier
D’un projet de santé communautaire à la redynamisation d’un quartier, un travail dans la (...) (Baudot Edwine,
Brasseur Pierre,
Delvaux Mélanie )
- La maison Biloba
Bruxelles compte 260.000 personnes étrangères, dont 20.000 ont plus de 65 ans. Parmi les (...) (Prévost Marianne )
- Améliorer les conditions de vie : une action politique et intersectorielle
En 2006, des taux élevés de pollution due aux particules fines sont observés dans la région de (...) (Jadoulle Patrick,
Prévost Marianne )
- Le tabac : extinction à l’amiable
Comment aborder la question du tabagisme sans être moralisateur, normatif ? La Fédération des (...) (Hubens Valérie)
- Croisement des savoirs : une co-formation avec des personnes du Quart-Monde
En 2007-2008, l’Espace Promotion Santé – Qualité de la Fédération des maisons médicales construisait, (...) (Hubens Valérie,
Prévost Marianne )
On les appelle des « publics précaires », des « personnes vulnérables », on cerne de poches de
pauvreté sur les cartes de nos villes nanties. Ainsi nommés et parqués, ces publics et ces personnes
sont livrés aux bons soins de la frange la plus altruiste et la moins marchande du secteur sociosanitaire,
et à l’attention des sociologues et des anthropologues. Mais le temps n’est plus où un
élan caritatif pouvait dédouaner une « bonne société » de sa responsabilité vis-à-vis des plus
faibles, et l’autre temps, qui lui a succédé, celui de la sécurité sociale pour tous, semble vaciller.
Les inégalités longtemps contenues se creusent à nouveau et se matérialisent sous des formes
jadis moins visibles, à l’exploitation est venue se joindre la désaffiliation qui prend à contre-pied
les luttes sociales « classiques » et oblige à inventer de nouveaux espaces de réflexion et de lutte.
Le secteur de la santé est lui aussi emporté dans ces vents mauvais, ses repères tremblent (qu’est ce
que la santé dans la précarité ?), ses objectifs s’étranglent (quel sens peut prendre la visée d’un
état de bien-être dans un tel contexte socio-économique et politique ?), ses moyens d’action se
grippent (le modèle de soins de santé libéral ne peut à l’infini socialiser les coûts et privatiser les
bénéfices). C’est pourquoi il est indispensable de mieux comprendre quelle vie, quelles conditions
de vie se cachent derrière ces concepts de précarité et de vulnérabilité et ce qu’ils déterminent
pour la santé des personnes qui les vivent. Nous y consacrons ce cahier de Santé conjuguée pour
ensuite, dans notre prochaine livraison, ébaucher des réponses à ces problématiques.