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Santé conjuguée

Index des mots clefs : n°1 (1997) -> n°38 (2006)


A paraitre en 2010

N°52 : avril 2010 : Loi-Santé.

N°53 : juillet 2010 : décroissance et solidarité ?

N°53 : octobre 2010 : sujet à déterminer


51. Le Travail ou la Santé ?

Arbeit macht frei. Le cynisme de cette inscription sur le sinistre portique qui marquait l’entrée du camp d’Auschwitz serait-il en train de faire de petits ? Sous la pression du nouveau management néolibéral, les conditions de travail se dégradent depuis 30 ans, au prix de la santé et parfois de la vie des travailleurs. Verra-t-on un jour, à l’entrée des entreprises, un fronton proclamant que « Le travail tue en toute impunité » ? Il n’est pas question ici de noircir les perspectives du monde du travail mais de prendre conscience des processus destructeurs qui sont à l’oeuvre et d’en tirer les conclusions pour construire la résistance. Pour n’avoir pas à vraiment choisir : santé ou travail ?


50. Réalités et ambitions

Il ne se trouve plus grand monde pour contester que l’état de santé des populations est davantage lié aux conditions socio-économiques qu’à une surenchère de l’offre curative. Ou, en d’autres termes, que la lutte contre les inégalités de santé repose entre autres sur l’accès au logement, à l’éducation, à un revenu décent, à la justice sociale. Toutes choses qui aujourd’hui ne sont même plus garanties dans nos pays riches… pas pour tout le monde. S’attaquer à ce problème, c’est à la fois engager le niveau politique et mobiliser des stratégies interdisciplinaires. Ceci relève du défi dans le complexe politico-institutionnel belge. On peut en effet dire que la promotion de la santé jouit d’un jugement très favorable dans les discours mais, dans le concret, se confronte à des obstacles tels qu’elle demeure en fait une contre-culture.

Alors, la promotion de la santé, une belle idée qui s’en va à vau-l’eau, une grenouille qui aurait voulu se faire aussi grosse que le bœuf… On n’est pas d’accord ! Et on l’explique dans un cahier d’analyses et d’arguments pour une promotion de la santé à la hauteur des réalités et de nos ambitions.


49. La santé : ensemble !

La Charte d’Ottawa a été élaborée en 1986. Elle marque « officiellement » le début du mouvement de promotion de la santé, même si, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, de nombreux acteurs en faisaient déjà sans en avoir l’air, telles les maisons médicales apparues en 1972. On a beau avoir changé de millénaire, il n’y a là rien d’obsolète, que du contraire : le temps présent voit se creuser toujours davantage les inégalités et les « crises » font basculer de plus en plus de personnes dans la précarité, tandis que les conditions de la santé (ce qu’on appelle les déterminants, comme l’environnement, le logement, le revenu, l’enseignement) se dégradent pour tous. Le travail en promotion de la santé, qui s’axe sur ces problématiques est donc tout à fait d’actualité. Dans ce numéro de Santé conjuguée, nous en rappellerons les grandes orientations et verrons comment les maisons médicales les vivent sur le terrain et quels résultats elles atteignent. Notre prochaine livraison s’ouvrira aux actions de promotion de la santé de nos partenaires extérieurs et du monde associatif au sens large.


48. Vulnérabilités

On les appelle des « publics précaires », des « personnes vulnérables », on cerne de poches de pauvreté sur les cartes de nos villes nanties. Ainsi nommés et parqués, ces publics et ces personnes sont livrés aux bons soins de la frange la plus altruiste et la moins marchande du secteur sociosanitaire, et à l’attention des sociologues et des anthropologues. Mais le temps n’est plus où un élan caritatif pouvait dédouaner une « bonne société » de sa responsabilité vis-à-vis des plus faibles, et l’autre temps, qui lui a succédé, celui de la sécurité sociale pour tous, semble vaciller. Les inégalités longtemps contenues se creusent à nouveau et se matérialisent sous des formes jadis moins visibles, à l’exploitation est venue se joindre la désaffiliation qui prend à contre-pied les luttes sociales « classiques » et oblige à inventer de nouveaux espaces de réflexion et de lutte.

Le secteur de la santé est lui aussi emporté dans ces vents mauvais, ses repères tremblent (qu’est ce que la santé dans la précarité ?), ses objectifs s’étranglent (quel sens peut prendre la visée d’un état de bien-être dans un tel contexte socio-économique et politique ?), ses moyens d’action se grippent (le modèle de soins de santé libéral ne peut à l’infini socialiser les coûts et privatiser les bénéfices). C’est pourquoi il est indispensable de mieux comprendre quelle vie, quelles conditions de vie se cachent derrière ces concepts de précarité et de vulnérabilité et ce qu’ils déterminent pour la santé des personnes qui les vivent. Nous y consacrons ce cahier de Santé conjuguée pour ensuite, dans notre prochaine livraison, ébaucher des réponses à ces problématiques.

Santé conjuguée


Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...

Dernière modification :
27 juillet 2010