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Santé Conjuguée

Informations pratiques

Tous les exemplaires de la revue sont téléchargeables en PDF, en fichier complet pour l’ensemble du cahier et des rubriques jusqu’au numéro 35. Puis à partir du numéro 35, par article individuel en version HTLM et PDF jusqu’au dernier numéro sorti. Cependant les articles du dernier cahier thématique ne seront mis en ligne que trois mois après sa sortie.
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Vous pouvez aussi accéder à l’index des articles classés par mots clefs et par ordre alphabétique des auteurs, et ce des numéros 1 de juillet 1997 au numéro 38 d’octobre 2006.

Présentation des numéros par ordre de dernière parution

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42. Genre et santé

octobre 2007

Le sixième jour, Dieu créa Adam. Puis il corrigea son erreur. Avec un certain retard sur cette interprétation de l’exemple divin, le monde occidental, construit sur le mode patriarcal, reconnaît depuis peu la place des femmes comme égale à celle des hommes. Encore est-ce du bout des lèvres, en multipliant les faux semblants et les traquenards. Mais le processus a pris aujourd’hui une telle allure que, malgré les combats d’arrière-garde de la domination masculine qui ne désarme pas, rien ne semble pouvoir inverser la vapeur.

Le monde de la santé offre à cet égard un terrain d’observation révélateur. On assiste depuis quelques décennies à une féminisation rapide et massive des professions de santé jadis réservées aux hommes, et à une apparition des hommes dans les domaines dits féminins, tels celui des soins infirmiers. De même, la santé des femmes commence enfin à être considérée dans ses spécificités, y compris en dehors des questions gynéco-obstétricales. Mais les nouvelles configurations dessinées par ces changements posent question : vivons-nous une simple intégration de l’élément féminin ou une réelle transformation des cadres et des pratiques ? Le principe de hiérarchisation sociale s’efface-t-il vraiment ou survit-il sous un masque progressiste ? Comment se pose aujourd’hui la question féminine dans le champ de la santé ? Impossible de faire l’impasse sur ces questions lorsque l’on prône une approche de la santé qui intègre la complexité du biologique, du psychologique et du social !

C’est à ces problématiques que notre cahier veut apporter des éléments de réflexion dans le cadre de notre société (à l’exclusion des autres cultures, vaste sujet qui mérite un développement spécifique).


41. Norme et santé

juillet 2007

L’alcoolique, c’est celui qui boit plus que son médecin. Cette plaisanterie passablement éculée mérite toute notre attention, car elle recèle, tel un Aleph borgésien, la complexité de la notion de norme dans le domaine de la santé. Elle nous dit que la norme est scientifique, puisqu’elle est énoncée par le détenteur du savoir médical. Mais en même temps, quitte à se contredire, elle nous révèle que la norme est sociale, puisqu’elle s’établit par comparaison avec le comportement d’un notable. Elle illustre aussi le potentiel de stigmatisation de la norme : manifestement, cette phrase contient un jugement et aussi une menace pour celui qui se croirait autorisé à boire plus que son médecin. Notre attitude enfin, ô mon contemporain du XXIème siècle, n’est pas insignifiante : cette affirmation « normative » nous amuse. Mais pour des motifs parfois contradictoires. Les uns plisseront les paupières d’un air entendu : tout le monde sait aujourd’hui que la norme santé est impitoyable et ne tolère pas ce flou subjectif, bref la boisson, c’est maximum 21 unités par semaine pour un homme et 14 pour une femme, mais il vaut évidemment mieux ne pas boire. Mais face à ces parangons de la norme santé la plus expansive, d’autres, post-modernes sans doute, souligneront la non-pertinence de l’énonciateur : qui est-il pour dire aux autres ce qu’ils doivent faire ?

Toutes ces questions sont loin d’être académiques. Elles s’inscrivent dans le mouvement de transformation que connaît notre société, où la tension entre normativité et illégitimité des limites conditionne notre quotidien, y compris dans le champ de la santé, et détermine non seulement les comportements des usagers et des professionnels, mais aussi l’organisation de la santé au plan collectif et politique.


40. Les inégalités sociales de santé

avril 2007

Au constat de la persistance d’inégalités devant la santé, les cénacles compétents réagissent généralement par des mesures augmentant l’accessibilité aux soins de santé. Si légitime qu’elle soit, cette démarche a fait largement la preuve de son peu d’efficacité à réduite ces inégalités. Dans quelles directions faut-il réorienter les politiques de santé, quelles résistances sont-elles à vaincre et quels moyens à mettre en oeuvre ?


39. Spiritualité et santé

janvier 2007

Les spiritualités, religieuses ou non, professent différentes conceptions du corps et du rapport à la souffrance et à la mort, elles impliquent dans l’ici-bas des modes de vie orientés par la foi (ou l’absence de foi) dans l’au-delà. Elles influencent ainsi les attitudes et les comportements face à la santé et aux soins de santé.


38. Patienter - Le temps et la salle d’attente…

octobre 2006

Une maison médicale en quartier populaire, une salle d’attente toujours plus pleine, où se côtoient des personnes de tous âges, nationalités, langues et conditions sociales. Au départ, la maison médicale se pose une question très prosaïque, « comment les gens vivent-ils l’attente dans cette salle » et choisit d’impliquer les patients pour améliorer les conditions d’attente.

Deux travailleurs en santé communautaire vont donc aller à leur rencontre. La consigne sera de ne pas tomber dans le piège réducteur du sondage binaire, du genre « consultations libres ou sur rendez-vous », « musique ou bruits de fontaine », « coins enfant ou pas », mais de laisser ouvert le champ de la parole...

Notre cahier vous présente les résultats de ce qui aurait du n’être qu’une « enquête » et qui se révéla un moment de dialogue riche entre les patients et les travailleurs de la maison médicale.

Sans être oublié, l’objectif de départ passa rapidement au second plan, derrière l’expression des « attentes » beaucoup plus larges des interviewés. Devant le foisonnement de cette parole, les enquêteurs l’ont « rassemblée » en trois « thèmes », (énoncés dans les « titres des articles » du sommaire qui suit), division artificielle qui n’a d’autre but que de mieux la mettre en lumière.

En contrepoint de cette parole vive, la Ligue des usagers des soins de santé nous propose une réflexion sur les conditions de l’attente tandis que Marianne Prévost développe une réflexion sur le « temps » nourrie des réflexions des patients interviewés lors de l’enquête.


37. Course d’obstacles pour soins de santé primaires

juillet 2006

Les discours sur l’importance des soins de santé primaires ne tarissent pas d’éloge à leur égard. Pourtant, ils demeurent les parents pauvres dans la plupart des systèmes de santé européens. Comment comprendre cette incohérence, quelles forces et quels intérêts s’opposent à leur développement, à l’aide de quels atouts et avec quels alliés pourront-ils déployer leurs qualités au service de la population ? Santé conjuguée a posé la question à des professionnels de la santé, des syndicalistes, des mutuellistes, des sociologues, des économistes... à lire dans notre cahier.


36. Alimentation et santé

avril 2006

Non, le rapport entre santé et alimentation ne se réduit pas aux tables de calories et autres pénitences diététiques. Le « mangeur » moderne n’est que le dernier maillon d’une chaîne sur laquelle il a peu de prise. Le contenu de nos assiettes, la manière de manger, et même nos goûts sont façonnés par l’industrie, les intérêts économiques, la culture, les choix politiques, le contexte social, la morale même.

Trop souvent négligés, ces « déterminants non médicaux de la santé », acteurs invisibles au bout de notre fourchette, quel rôle jouent-ils in fine sur notre santé ?

Début de réponse dans notre cahier.


35. Le congrès de la Fédération : refonder les pratique sociales, refonder les pratiques de santé

janvier 2006

Pour son 25ème anniversaire, la Fédération des maisons médicales organise donc en ce début du mois de février un grand colloque afin de faire face à ses questionnements et d’entamer un travail de refondation des pratiques sociales et des pratiques de santé.

Pour soutenir cette réflexion qui aura lieu à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve les 3 et 4 février prochains, ce numéro un peu spécial de Santé conjuguée vous propose l’éclairage d’une série d’acteurs, de chercheurs, d’observateurs privilégiés du secteur du travail social. Un recadrage de notre société et de son évolution, indispensable afin de nourrir une réflexion sur la refondation de nos pratiques.

Dans quel monde vivons nous ? Dans quelle économie ? Quels sont les modèles alternatifs et quelles sont leurs limites ? Quels sont les défis qui nous attendent en matière de sécurité sociale, de pacte entre les générations ? Le développement de ces thématiques doit nous permettre de prendre un recul suffisant par rapport à notre quotidien, afin de mieux l’appréhender et de pouvoir ainsi le (ré)adapter à un cadre normatif et sociétal en perpétuelle mutation.


34. Politique d’asile et santé

octobre 2005

Ils ne font parler d’eux que quand ils meurent ou mettent leur vie en danger. Naguère accueillis comme des héros rescapés d’odieuses dictatures, les demandeurs d’asile sont aujourd’hui reçus comme des suspects, des profiteurs, des fraudeurs. A l’heure où les frontières s’ouvrent au capital et aux marchandises, elles se ferment devant les hommes, surtout s’ils sont pauvres ou pourchassés. Pourtant...

Puisque les mers ourdissent d’obscurs échanges
Et que la planète est poreuse, il est permis
D’affirmer que tout homme s’est
baigné dans le Gange

Faisant la nique au poète, nos sociétés nanties n’ouvrent leurs portes à l’étranger que contre garantie de malheur certifié par l’administration. Le dogme de l’immigration zéro contamine le droit d’asile, confondant l’accueil de ceux qui fuient pour sauver leur vie avec une régulation des mouvements de population, ne leur laissant parfois que la grève de la faim comme seul recours. Choqués par ces grèves qu’ils ont accompagnées ces dernières années, un certain nombre d’intervenants ont voulu mieux comprendre les enjeux de la politique d’asile et, au-delà, ceux de la politique d’immigration dans lesquels leur générosité les avait embarqués.

C’est à partir de leurs réflexions et avec l’apport d’éclairages extérieurs que nous avons réalisé le cahier.


33. La communication et l’information médicale

juillet 2005

Les « autoroutes de l’information » : l’expression a eu son heure de gloire. Nombre d’historiens n’hésitent pas à définir le XXème siècle comme celui de la communication. Information et communication sont en effet à la base de notre mode de vie actuel, tant au niveau du déploiement de ses potentialités technologiques que de notre socialité polarisée par l’idéal démocratique.

Le monde de la santé a du s’approprier ce nouveau paradigme qui s’est imposé à tous ses étages : information et communication avec le patient, entre professionnels, avec les instances organisatrices de la société.

L’affaire n’est pas anecdotique, car il ne s’est pas agi d’introduire benoîtement un outil supplémentaire dans une pratique immuable mais bien de revoir tout son fonctionnement à ses différents niveaux, une révolution qui est loin d’être terminée.

C’est à une lecture de ces changements en cours et de ses implications dans le lien social que vous convie notre cahier...

Je parle, Tu entends, Il écoute, Nous échangeons, Vous dialoguez, Ils sont dans l’ère de... la communication et l’information en santé.


32. Le burn-out... ...quand s’ouvrent les portes du vide

avril 2005

Vous rappelez-vous du film de Martin Scorcese, Burning out the death, où un ambulancier voit revenir les morts qu’il n’a pu éviter ? Avez-vous lu ces articles récents qui brisent les tabous du suicide et de la toxicomanie des médecins ou qui classent les professions de santé dans les secteurs « à haut risque » ?

Ces apparitions sur la place publique n’ont rien d’un trompe l’œil : le burn out des soignants n’est pas un phénomène de mode mais une problématique bien réelle dont la connaissance arrive à l’age adulte.

D’ou vient-il, comment se manifeste-t-il, nous parle-t-il de la fragilité de l’être ou de l’organisation des soins, que faire ?


31. Je t’aime, moi non plus - Malaise en maisons médicales ?

janvier 2005

Le généraliste, une espèce menacée : que ce soit en maison médicale ou en pratique de groupe, de nombreux médecins généralistes prennent des distances par rapport à la pratique de leur profession...


30. La recherche-action en maison médicale

octobre 2004

Chercher, apprendre, questionner, errer, trouver, améliorer

Les 8 et 9 mai de cette année, les maisons médicales et leur Fédération se sont offert un week-end à la mer du Nord. Le colloque a largement tenu ses promesses : une invitation au voyage au pays de la « recherche-action ». Que la sévérité apparente du thème ne vous rebute pas. La recherche-action en maison médicale, ce ne sont pas des tableaux couverts de formules obscures (tout au plus quelques « fromages » de statistiques) ni des orateurs emplâtrés de considérations abstraites (personne n’a du sortir son dictionnaire). C’est, tout au contraire, une manière très concrète de se retourner sur le travail quotidien et de se demander ce qu’on fait, si on le fait bien, ce qui doit changer. Attitude très stimulante pour les professionnels de santé, mais qui implique forcément les usagers et débouche sur des remises en question positives.

Notre cahier vous expliquera par le menu en quoi consiste la recherche-action, l’illustrera ensuite par un grand nombre de ces recherches menées en maisons médicales et vous conduira pour terminer à en explorer la dimension politique. Bon voyage.


29. La Belgique a demandé des bras, ce sont des hommes qui sont venus

juillet 2004

40 ans d’immigration marocaine en Belgique...

Pour les plus jeunes d’entre nous, ils ont toujours été là. « Ils », ce sont les Marocains, dont beaucoup sont maintenant des belges à part entière, que nous côtoyons tous les jours au travail, dans les magasins, dans les media, sur la scène des manifestations artistiques et, plus récemment, dans l’arène politique. Cela ne fait pourtant que quelques dizaines d’années qu’ils sont des nôtres.

C’est en effet le 17 février 1964 que fut signée, dans l’indifférence générale, la convention belgo-marocaine relative à l’occupation de travailleurs marocains. Date symbolique que l’Espace mémorial de l’immigration marocaine (EMIM) vient de fêter dignement. L’événement a fourni l’occasion d’une réflexion sur santé des marocains et ex-marocains en Belgique. Une réflexion bien tardive car il s’avère que peu a été fait sur la question.

Le Forum santé de l’EMIM qui s’est tenu en mars de cette année s’est bien sûr intéressé à la situation des premiers arrivants (une situation que résume fort bien le titre du forum : « la Belgique demandait des bras, ce sont des hommes qui sont venus… »), mais a surtout développé les problématiques actuelles et futures : faut-il une politique de santé pour les immigrés, et si oui laquelle ? Y a-il des différences de santé entre les personnes d’origine étrangères et celles qui le sont moins (après tout, la majorité des belges vient d’ailleurs) ? Que nous disent ces différences ? Que faire, que savoir, que projeter pour une rencontre « en santé » de cultures différentes ?

C’est autour de ces questions qu’ont tourné exposés et débats de ce forum santé dont nous vous convions à lire les moments forts dans la première partie de notre cahier, qui se poursuit par divers articles poursuivant plus loin la réflexion.


28. Participe : présent - La participation des usagers à la santé

avril 2004

Depuis leur fondation, les maisons médicales placent les usagers au centre de leurs pratiques et en appellent à leur participation. Cette volonté d’égalité, de démocratisation et de changement s’est frottée aux écueils de la réalité et de l’évolution de la société. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? L’ancien pouvoir médical, symbolisé par l’hygiéniste ou le mandarin, a changé de forme et se cache aujourd’hui sous le masque de la scientificité, porté par l’expert : la voix de l’usager en est-elle mieux entendue ?

L’amélioration du niveau de vie d’une majorité de la population, l’accès à la consommation et à la connaissance et les standards de vie dictés par le primat de l’économie ont érodé les revendications collectives et isolé les gens dans l’individualisme : dans ce contexte, à quelle mobilisation l’appel à participer peut-il s’attendre ? Mais dans le même temps, la conscience des enjeux de la santé et des politiques qui les orientent s’est accrue dans la population. Peu à peu, les usagers s’impliquent dans des projets à l’échelle locale. Du côté des soignants et des responsables, les concepts de promotion de la santé, de place de l’usager et de santé communautaire s’imposent dans les pratiques.

C’est donc à une refondation de l’idée de participation que nous assistons et que nous vous invitons à explorer dans notre cahier.


27. Les jeux de l’argent et de la santé (et des soins de santé)

janvier 2004

Les jeux de l’argent et de la santé (et des soins de santé) : vaste sujet qui confronte deux moteurs principaux de notre société, le bien-être et la richesse.

Notre cahier débroussaille ce terrain sous cinq axes différents : regards sur l’argent dans la relation thérapeutique ; l’argent des médecins ; acte ou forfait : vrai ou faux débat ? ; faut-il plus d’argent pour avoir plus de santé ? ; argent et santé dans le champ politique.


26. Nord/Sud, Sud/Nord - Implication des maisons médicales

octobre 2003

Les difficultés du Sud aux plans politique, économique, sanitaire sont connues, elles nous interpellent et souvent nous scandalisent. Mais il faut récuser les visions simplistes selon lesquelles, pour y remédier, il « suffirait » de changer les comportements du Nord dominateur et de porter massivement aide à un Sud incapable de prendre son destin en charge. Car, nonobstant la circonstance historique actuelle, il faut entendre que le Sud est un partenaire à part entière et qui a beaucoup à apporter. Dans cet esprit, nous vous proposons un cahier consacré à un aspect de l’échange égalitaire entre le Nord et le Sud et qui peut se ramener à une question centrale : comment, grâce à l’observation respective et l’échange de partenaires, le Nord et le Sud peuvent-ils améliorer leur pratique des soins de santé ?

Nous commencerons par rapporter l’expérience de travailleurs des maisons médicales qui ont travaillé dans le Sud et comment leur réflexion et leur pratique des soins de santé en a été transformée. Ensuite, nous nous intéresserons aux initiatives de l’Institut de médecine tropicale qui propose aux maisons médicales d’accueillir des participants du cours pour la Promotion de la santé afin de développer une observation respective des pratiques. C’est dans ce cadre que des maisons médicales ont « échangé » pendant quelques semaines des travailleurs de santé avec des centres de santé du Sud. Nous développerons ensuite deux initiatives, celle de la maison médicale d’Esseghem, à l’origine de la création de la maison de santé Saint-Paul à Yaoundé, et celle de la maison médicale de Seraing, qui soutient le Centre de promotion campesinos El Molino en Bolivie. Les réflexions de responsables de la Fédération des maisons médicales participant à différentes missions en Tunisie, en Bulgarie et en Palestine nous conduiront à celles de Paul Demunck qui, devant le dénuement du secteur de la santé au Niger, nous pose deux questions : jusqu’à quand mentirons-nous à l’Afrique et aux Africains ? Quelle contribution pour les maisons médicales belges peuvent-elles apporter au changement urgent et nécessaire ?

La « mondialisation » n’est ni un bien ni un mal : elle sera ce que nous contribuerons à en faire.


25. L’organisation des patients et des usagers des soins de santé - Dynamique ou dynamite ?

juillet 2003

Dans la foulée de notre cahier précédent sur les droits du patient, nous ouvrons nos pages aux usagers de soins de santé qui y expriment ce qu’ils attendent du système et comment ils s’organisent pour faire entendre leur voix. Des associations de self-help aux comités de patients en maison médicale, tous mettent en lumière l’écart qui sépare les pratiques des professionnels des réalités des usagers. C’est en se groupant qu’ils parviennent à faire prendre conscience de cet écart aux professionnels. Les difficultés que rencontrent ces « initiatives citoyennes », tant pour se créer, se maintenir et se faire reconnaître que pour peser sur les soignants et organiser l’entraide constituent l’essentiel de ce cahier.

Ce phénomène d’association pose une profusion de questions dont l’épicentre est la notion de participation. C’est au seuil de cette notion que se refermera ce cahier : la « participation » est un sujet complexe et tellement ramifié qu’il mérite à lui seul une publication complète. Nous y reviendrons dans un prochain Santé conjuguée.


24. Les droits du patient - Humains, trop humains

avril 2003

Les droits du patient sont maintenant une loi, votée et publiée au Moniteur dans les règles de l’art. Que change-t-elle, que ne change-t-elle pas, qu’aurait-elle du dire ou ne pas dire ?

A ces questions, on pourrait imaginer que des réponses simples et concises suffiraient, tant le texte paraît, à quelques lignes près, tissé de bon sens, à la limite de la trivialité. Ce serait trop simple ! Notre cahier rassemble les réactions de patients, de juristes, de médecins, de philosophes, de politiques : tous ont à dire ou à redire. Voilà une loi qui, loin de clore le débat, promet de l’ouvrir largement et conduit à repenser le sens de la relation entre patient et soignant, notre rapport au droit et le genre de lien social que nous créons, souvent à notre insu.

Ce n’est pas là son moindre mérite.

vous pouvez voir la version en pdf du cahier et des rubriques ci-joint


23. Les deuils - (Se) perdre, (se) retrouver

Janvier 2003

La perte est inhérente à la condition humaine. Perte de ses illusions, perte de ses capacités, perte de l’autre qu’on chérissait… Il n’est aucune échappatoire à ces épreuve. Nous n’avons d’autre choix qu’affronter cette souffrance.

Intitulé Les deuils, notre cahier parle de la perte, de ce qu’elle blesse, de ce qu’elle change en nous, mais aussi de l’écoute, de ce travail « des deuils » - car chaque deuil est unique – qui peut renouer les fils déchirés et reconstruire la trame d’une vie où ce qui fait lien, loin de se fracasser, s’est aguerri.

Rappel de notre finitude, la perte impose un travail sur soi-même, un cheminement au travers de sentiments difficiles à vivre et qui nous marquerons à jamais. C’est dans ces moments qu’une écoute véritablement humaine peut non pas éliminer la souffrance mais accompagner vers une reconstruction de soi. Cette écoute n’apporte pas de recettes pour « réussir » un deuil, elle n’est pas prétexte à distiller un savoir péremptoire ; elle est présence à la souffrance de l’autre telle qu’elle se vit, respect, compréhension nourrie de réflexion et d’expérience.

Travail de chacun, travail aussi pour les professionnels de la santé : savoir être là, savoir passer la main si cela se passe mal. Notre cahier n’a pas pour prétention de former à cet accompagnement, il veut éveiller une sensibilité et nous laisser moins désarmé dans ces moments.


22. Santé et prison - Une équation insoluble ?

octobre 2002

Santé et prison, une équation insoluble ? Assurément. La prison matérialise l’échec de la société à faire de la santé, cet état de bien-être physique, mental et social. Échec de tout ce qui détermine la santé, échec de l’éducation à épanouir chacun dans la société, échec de l’économie à distribuer équitablement les richesses... Soit. Nous ne vivons pas dans l’idéal. Et nos efforts millénaires pour tendre vers un monde où règne la justice et la liberté, l’égalité et la fraternité, ont encore de beaux millénaires devant eux. Mais cela ne nous dispense pas de poser deux questions.

Nous ne ferons qu’effleurer la première, qui nous demande ce qu’est punir, ce que signifie réhabiliter, c’est-à-dire retrouver une certaine forme de santé, une question qui peut s’énoncer : la prison, même modernisée, est-elle encore aujourd’hui le lieu où la société peut entasser indifféremment tous ceux qui ont transgressé les règles (de l’usager de drogues au criminel récidiviste), est-elle ce lieu dont on peut sortir mieux armé pour une nouvelle vie ?

Cette question traverse en filigrane la seconde question qui constitue la matière de notre cahier : qu’en est-il de la santé à l’intérieur de nos prisons, des soins, de la prévention, de la qualité de vie, de la santé mentale... ? Quels sont les problèmes spécifiques de ces lieux de contraintes, comment est organisé le système de soins, quelles reliances sont installées avec l’avant et l’après, entre le dedans et le dehors ? Ils sont, toutes professions confondues, plusieurs milliers de soignants de première ligne à exercer en prison et ils sont, tous motifs confondus, près de quinze mille habitants de ce pays à passer en prison chaque année, près de quinze mille familles à connaître la souffrance d’avoir un proche incarcéré. Si notre compassion va tout naturellement aux victimes des crimes et délits, nous ne pouvons oublier les autres. La prison n’est pas une maladie rare...


21. Sept étapes pour avancer - Un regard neuf : l’assurance de qualité

juillet 2002

On n’achète pas un chat dans un sac. Même si on s’appelle sécurité sociale et que le chat a les yeux envoûtants de la santé. Mais comment évaluer la qualité de soins de santé, comment savoir si 600 milliards d’anciens BEF sont employés au mieux du possible. Question qui a fait couler des fleuves d’encre. Question-savonette aussi : par où la saisir sans qu’elle vous glisse des mains ? On ne peut pas jauger la qualité des soins à leur rendement financier. Ni à l’aune de l’orthodoxie scientifique et de ses avatars. Ni à l’impression subjective des usagers.

Ni… ni… ni. Que faire alors ?

Lire notre cahier sur l’assurance de qualité.


20. Un monde fou ? - Quand la réflexion sur la santé mentale change notre regard sur le monde où nous vivons

avril 2002

Quand la réflexion sur la santé mentale change notre regard sur le monde où nous vivons.

La problématique "santé mentale et première ligne de soins de santé", thème de notre précédent cahier, s’inscrit dans un contexte beaucoup plus vaste où s’entremêlent le politique, le social, l’économique, le culturel. C’est à ce niveau global que nous prolongerons notre réflexion, sur un plan spéculatif avec Dany-Robert Dufour, Jean-Pierre Lebrun et Jean De Munck, mais aussi sur un plan très concret avec la participation de nombreux intervenants de terrain.

Une réflexion sur la santé mentale sans doute, mais surtout un autre regard sur le monde qui nous entoure tous.


19. Santé mentale - Pour une approche généraliste

janvier 2002

2001 était l’année de la santé mentale. L’un des objectifs de cette intronisation était de rendre visibles et familières les réalités de la santé mentale auprès du grand public et des intervenants non spécialisés dans ce domaine.

Nous vous proposons une lecture "généraliste" (au sens large du terme) de cette problématique dans notre cahier, au travers d’une réflexion sur la fonction "psy" en maison médicale et de larges extraits de la journée "Souffrances du lien social, généraliste et santé mentale" organisée par le Centre de sociologie de l’Université libre de Bruxelles.


18. "Ensanter" l’habitat

octobre 2001

Coup d’oeil circulaire sur les problémes de santé liès à l’habitat et sur les réponses qui se mettent en place...

Faire du lieu où nous passons une grande - si pas la plus grande - partie de notre vie un espace propice au développement et au maintien de la santé, tel est l’objectif que nous proposons de cerner dans notre cahier. Nous ouvrirons trois chantiers de réflexion. Sur un plan très immédiat, physique, quels sont les dangers qui nous guettent dans notre home, sweet home et quels moyens avons-nous pour les réduire ? Au-delà de ces préoccupations, nous nous demanderons avec des architectes et des philosophes ce que représente le simple fait d’habiter quelque part et comment concevoir l’habitat pour qu’il favorise la santé à tous points de vue, y compris mentale et sociale ? Enfin, il nous restera à envisager la question qui est malheureusement la plus importante : comment se peut-il que tant de gens aujourd’hui encore n’aient pas accès à un logement décent et que peut-on faire pour remédier à ce scandale ?


17. Santé de proximité : à la croisée des chemins ?

juillet 2001

Les 4 et 5 mai 2001, la Fédération des maisons médicales a fêté ses 20 ans en tenant un congrès qui fait le point sur son action et les perspectives futures dans le domaine de la santé. Actes du IV congrès...


16. Des savoirs qui s’ignorent ? - Des représentations de la maladie

avril 2001

Difficile de savoir ce que pensent les gens. Et notamment de savoir comment ils se représentent la maladie, en particulier pour des soignants pétris de sciences, ayant pour tant de questions des réponses tellement évidentes pour eux, mais pour eux seuls... Pourtant, il existe un savoir dit « profane » dont l’importance, insoupçonnée, est considérable. Ce savoir profane gère quantité de problèmes de santé qui n’arrivent jamais jusqu’aux soignants. Il modifie et interprète les directives médicales quand le recours au professionnel s’est avéré nécessaire. Et surtout, il pose des questions auxquelles les soignants ne sont pas préparés et qui sont pourtant essentielles : quel sens a la maladie ? Pourquoi moi ? Le savoir savant semble ignorer (parfois sur le mode du mépris) le savoir profane.


15. Des pilules et des hommes - Approches psychologiques et sociales du médicament

janvier 2001

Durant la seconde guerre mondiale, la pénicilline encore rare était réservée aux combattants. Il y a trente ans, les benzodiazépines, tranquillisants d’un nouveau type, faisaient figure de médicaments providentiels : à l’heure actuelle, ils sont un véritable opium du peuple. Aujourd’hui, on se dispute pour savoir si et pour qui la sécurité sociale doit rembourser le Viagra. Ces exemples montrent combien le médicament est plus qu’un simple moyen mécanique de combattre la maladie.

Après notre dernier numéro consacré aux enjeux politiques et économiques des médicaments, nous effleurons certaines questions qu’ils posent sur des plans psychologiques et sociaux. Sans les épuiser. Plus que des connaissances, ce sont des interrogations que nous apportons ici.


14. Ce « cher » médicament - Économie et politique du médicament

octobre 2000

Oui et non. Guérir à tout prix, oui, mais pas à n’importe quel prix. Les médicaments arborent des prix à trois ou quatre ou cinq chiffres. Ils sont de moins en moins abordables en dehors des systèmes de solidarité. Un paradoxe pour une « marchandise » dont le coût est fixé selon les principes du marché. Voilà qui nous plonge dans la problématique économique - et donc politique - du médicament. Une problématique aux multiples facettes.


13. Échelonnement : un sac de nœuds ? - Articulation entre la 1ère ligne de soins et les autres échelons

juillet 2000

Petit à petit, nos systèmes de soins élargissent leurs champs, de la gestion de la maladie à la promotion de la santé, du soin des organes à l’approche de la personne dans sa complexité et insérée dans son milieu... Les « échelons » de soins ne constituent plus des niveaux de scientificité différents, mais des lieux où se proposent des approches différentes et complémentaires de la santé. Vivant cette mutation profonde, les lignes de soins doivent repenser leurs rapports. L’échelonnement, avec les oppositions qu’il suscite, est l’emblème de ces rapports nouveaux, mais il n’en est qu’un des outils parmi d’autres.

Comment concevoir ces nouveaux rapports, dans quel objectif développer une autre articulation entre lignes de soins, à quelles difficultés faut-il se confronter et quelles forces mobiliser, ce sont quelques-unes une des questions qui traversent notre cahier.


12. Une tête bien faite ? - Pour une formation spécifique des soignants de première ligne

avril 2000

Lors de leurs études, les candidats aux professions de santé se heurteront à une première déconvenue : l’apprentissage scientifique et technique intensif laisse peu de temps à consacrer à « l’humain ». L’entrée dans la vie professionnelle les confrontera à une autre surprise : la distance est grande entre ce qu’ils auront acquis dans les facultés et les attentes des gens, la réalité de la pratique, les besoins de la population.

Santé conjuguée a invité un certain nombre de professionnels de première ligne de soins à discuter de ces " dysapprentissages " (il y a des préfixes à la mode qui collent à la plume !), des difficultés de l’enseignement et des orientations possibles pour une meilleure formation. Ce sera le sujet de notre cahier, dans la suite de notre précédent numéro qui tentait de cerner les rôles et les fonctions de la première ligne de soins.


11. Être… mais qui ? – Redéfinir la première ligne de soins pour mieux la former

janvier 2000

Se définir pour se former. La première ligne de soins a un problème d’identité. Très concrètement, elle voit ses prérogatives grignotées par les secondes lignes tandis que ses compétences « limitrophes » se diluent dans le psychosocial. A se définir en creux par rapport aux autres intervenants, elle ressemble à un territoire en voie de colonisation totale et dont les habitants fuient vers d’autres cieux (les médecines parallèles par exemple). Elle possède pourtant une identité spécifique et remplit des tâches que les autres n’assument pas...


10. Rien ne sert de courir, il faut partir à point - De la prévention à la promotion de la santé

octobre 1999

Des interdits rabat-joie appuyés sur des menaces lointaines, des conseils de fin de consultation livrés sur le pas de la porte, quelques vaccinations comme des tributs payés à la science : telle était et est encore trop souvent la perception commune de la prévention. Cette vision réductrice, individualiste et culpabilisante n’est pourtant plus de mise. Les soignants conservent leurs attributions anciennes mais se doivent de collaborer, dans les limites de leur pertinence, avec tous les acteurs concernés. Comment cela se pense et se réalise sur le terrain, c’est ce que vous propose d’explorer notre cahier, centré sur le travail du programme « Agir ensemble en prévention » actif dans les maisons médicales.

Vous pouvez voir la version en pdf du cahier et des rubriques ci-joint.


09. Autant en apporte le vent – Environnement et santé

juillet 1999

L’augmentation du nombre de cancers et d’allergies, de problèmes immunitaires et de fertilité semble bien trouver une explication dans les modifications de notre environnement physico-chimique. Que faire de cette donnée ? Comment développer une attitude raisonnée face à ce risque environnemental ?

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08. La bourse ou la vie – Les difficultés financières d’accès aux soins de santé

avril 1999

Comment la difficulté d’accès est vécue et gérée par les usagers et par les soignants ? Quel avenir pour la (les) solidarité(s) ? Comment maintenir des soins pertinents et de qualité pour tous ?

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07. Patients sans frontières - L’approche interculturelle en soins de santé primaires

janvier 1999

L’universalité de notre science est-elle mise en question par le cosmopolitisme des patientèles ? Les valeurs véhiculées par notre médecine peuvent-elles rencontrer la plainte d’autre culture ?

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06. Les soins palliatifs à domicile

octobre 1998

Quel rôle peut jouer le premier échelon de soins dans les soins palliatifs ? Les travaux du colloque d’Orphéo (soins continus en phase palliative dans les centres de santé liégeois) qui s’est tenu au printemps 1998 seront à la base de notre réflexion.

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05. La sécurité sociale – Cette dame est à jeter ?

juillet 1998

Pilier de la sécurité sociale : maladie-invalidité, ses enjeux, les échéances, les nouvelles formes de maîtrise des coûts. Après 50 ans d’existence quasi pacifique, la sécurité sociale se trouve à un tournant et la gestion des soins de santé est au front des turbulences…

Désolé, le cahier est disponible en trois partie et non en entier. Lisez ci-jointes les versions en pdf des rubriques.


04. Susciter la santé communautaire

avril 1998

La dimension collective des débats de santé est souvent réduite aux aspects de réglementation ou de financement. Pourtant, de plus en plus de personnes, à la fois comme individus et comme membre d’une communauté locale, tendent à s’impliquer dans les processus qui les concernent. La santé n’échappe pas à ce phénomène et on voit se multiplier les initiatives favorisant la ré-appropriation de leur santé par les gens.

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03. Le financement des soins de santé primaires au forfait - Il est arrivé près de chez nous

janvier 1998

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cahier Santé conjugué n°3 - janvier 1998 (pdf, 2 Mo)
cahier Santé conjugué n°3 - janvier 1998 (pdf, 2 Mo)

Quels soins de santé primaires voulons-nous et quel est le meilleur mode de financement ? Nous en discuterons à partir du système « au forfait ». Qu’est-ce qui fonctionne ? Qu’est-ce qui déçoit ? Quels objectifs sont atteints ?

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02. Du substitut du procureur… au procureur de substitut - La méthadone, et après ?

octobre 1997

cahier Santé conjugué n°1 - juillet 1997 (pdf, 677 k)
MAISONS MEDICALES : UN OUTIL DE SANTEPOUR L’AVENIRCAHIER Santé conjuguée - juin 1997 - n° 1 Synopsis Les maisons médicales ont vingt-cinq ans et leur Fédération une quinzaine d’années. Les temps changent, les conditions de travail et l’environnement social se modifient. Soucieuses de maintenir au sein du mouvement un consensus large et des objectifs adaptés au contexte actuel, les quarante-cinq maisons médicales de la Communauté française et membres de la Fédération des maisons médicales ont entamé voici deux ans un long travail de réappropriation et de réactualisation de leurs objectifs. Elles publient aujourd’hui leur charte et un cahier de propositions pour une politique de santé qui reprend l’essentiel de leurs revendications. On y trouve… • une réaffirmation de l’identité des maisons médicales, leur spécificité mais surtout leur manière de concevoir les structures de soins et plus largement la Santé dans la société aujourd’hui. • les références philosophiques. • une conception de la société faite de justice sociale en terme d’équité et de solidarité, mais aussi d’autonomie. • une conception de la santé, processus dynamique de l’individu dans son contexte de vie et en même temps de la collectivité dans les conditions qu’elle crée, tendu vers un bien-être global, physique, affectif, relationnel et social. • une proposition de politique de santé appuyée sur le niveau de proximité et les besoins de la population. Les maisons médicales sont des structures bien adaptées aux problématiques actuelles La pertinence de leur modèle paraît plus grande aujourd’hui qu’hier. Il s’est enrichi des vingt-cinq années d’expériences, accompagnées de programmes de recherche action et d’évaluation. Au fil du temps, de nombreux concepts — soins de santé primaires (76), Charte d’Ottawa sur la promotion de la Santé, approche systémique et modélisation psycho-médico-sociale — mais aussi, la pression économique à la maîtrise des coûts et le contexte de fracture sociale sont venus conforter quelques-unes de leurs thèses. Deux axes pour éclairer la prise en compte des problèmes de santé tels qu’on peut les analyser aujourd’hui : . Premier axe : Qu’est-ce qui produit de la santé ? Les systèmes de santé sont en crise structurelle. Crise de financement et de gestion des dépenses mais aussi crise de finalités : ils ne semblent plus apporter un bénéfice-santé significatif eu égard à leur coût. La place des déterminants de la santé autres que biologiques se fait de plus en plus grande : les facteurs sociaux et le poids des inégalités sociales en particulier. L’exposé de Marc Renaud est clair dans ce sens : comme les maisons médicales, il conclut à la nécessité d’ouverture des acteurs de santé vers d’autres secteurs sociaux pour mainte nir des perspectives d’amélioration de la santé. . Un second axe : les soins de santé primaires, un modèle actuel et adapté Le second axe qui éclaire les propositions des maisons médicales est celui des soins de santé primaires et de la médecine générale. Il faut impérative- Santé conjuguée - juin 1997 - n° 1 ment que le secteur de première ligne se donne un modèle de référence qui rende compte du contenu complexe de son travail et de la richesse de sa multipolarité / polyvalence. Les soins de santé primaires, porte d’entrée et pilier d’un système, ont à remplir une fonction tiraillée entre l’individuel et le collectif, entre le subjectif et l’objectif et sur quatre fronts : le biologique, le psychique, l’épidémiologique et l’anthropologique. C’est la valeur de ce lieu de contact et de communication, de ce lieu de la gestion et de la synthèse... L’analyse des maisons médicales s’appuie sur ces deux leviers : la prise en compte des déterminants sociaux et culturels de la santé et la redéfinition fonctionnelle des systèmes de santé. La politique de santé est aujourd’hui celle de l’absence de politique au bénéfice d’une logique essentiellement économiste et d’un rapport de force hospitalocentriste. Les maisons médicales envisagent leur pratique dans un cadre communautaire et de proximité. Elles revendiquent cette double polarité pour une politique de santé à mettre en oeuvre Les équipes pluridisciplinaires des maisons médicales sont porteuses de ces pratiques. Leur fonctionnement non-hiérarchisé et transdisciplinaire traduit une approche globale de la santé dans une fonction collective. Elles élargissent et partagent cette approche avec d’autres intervenants de santé ou d’autres secteurs sociaux dans un travail en réseaux locaux. Les maisons médicales sont des structures insérées dans la réalité sociale et, dès lors que leur préoccupation est la santé globalement comprise, elles sont confrontées aux déterminants de santé de type sociaux, culturels, éducatifs en première ligne : impact du chômage, de la précarité socio-économique, des différences culturelles, de l’échec à l’école. Elles insistent sur la portée universelle de leur modèle, sur le fait qu’il s’adresse à l’ensemble de la population et pas spécifiquement à la frange la plus défavorisée. C’est d’ailleurs la seule structure de première ligne qui présente une offre de soins universelle et polyvalente. Cependant, les maisons médicales ne peuvent que constater l’aggravation de la situation sociale de nombre de concitoyens. Elles estiment, tant pour des raisons d’équité que par priorités épidémiologiques que cette situation doit être prise en compte en facilitant l’accès aux soins. En outre, il s’agit de dénoncer les mécanismes qui conduisent à cette situation de précarisation et d’exclusion. Les maisons médicales sont à cet égard des observateurs privilégiés de la vie sociale et elles comptent bien poursuivre leur rôle de témoins et d’interpellation vis-à-vis des responsables. Les maisons médicales en appellent aux autres acteurs de la première ligne La médecine générale mais aussi les autres acteurs de ce secteur primaire ont à redéfinir leur fonction sur un mode positif et non par défaut du modèle hospitalier. Les alliances avec les syndicats d’omnipraticiens soucieux de ce développement seront poursuivies. L’espace des soins de santé primaires se construira à partir d’une modification de rapport de force dans la représentation des médecins à l’INAMI, scandaleusement verrouillée depuis trente ans, mais aussi dans la construction avec l’ensemble de ces acteurs d’un contenu qualitativement fort et d’un accès maximal. CONGRES DE LA FEDERATION DES MAISONS MEDICALES Santé conjuguée - juin 1997 - n° 1 CAHIER Les maisons médicales en appellent aux autres secteurs sociaux Elles souhaitent que s’associent à leur revendication les partenaires et intermédiaires sociaux, les acteurs professionnels concernés pour créer un lieu de décision et de gestion d’une politique de la santé qui se développe sur une dynamique de « penser globalement agir localement » et s’appuie sur une approche communautaire à chaque niveau de sa structuration : une analyse des problèmes et des besoins, une évaluation des ressources, la définition des programmes d’actions et enfin une dynamique d’évaluation et de correction. Cette politique aura à intégrer les différents aspects de la santé (soins, prévention, promotion) et la participation des divers acteurs et secteurs de la société ayant une influence déterminante sur des problèmes estimés prioritaires : on pense à l’emploi et le non-travail, l’école et l’échec scolaire,... La logique communautaire de participation des populations et des acteurs concernés trouverait là une place à tous les échelons de l’action santé : depuis les lieux de gestion jusqu’aux lieux d’action sur Les maisons médicales en chiffre : le terrain, par le développe  45 en Communauté française ment de programmes de santé communautaire en par  23 en région Wallonne et 22 en région Bruxelloise tenariat. Cette dynamique qui est déjà une philosophie d’ac-500 personnes y travaillent tion des centres de santé est  toutes sont des asbl aussi un souci d’efficience  16 centres sont financés au dans l’utilisation optimale forfait à l’inscription, les autres des ressources et la proximité fonctionnent dans le système à de résolution des problèmes l’acte par rapport à leur lieu  le cadre législatif est le décret du d’émergence. 19 mars 1993 de la Communauté française transféré aux régions Si un des préalables tient en 1994. dans la modification du rapport de représentation des généralistes et des spécialis tes, et donc la tenue rapide d’élections, l’autre tient dans une volonté politique, aujourd’hui largement soutenable sur le plan de la rationalité et de l’assurance de qualité, d’installer une politique de santé et de soins de santé primaires en particulier. Choix éminemment politique : les intérêts convergents - même si les stratégies peuvent les faire pa- Synopsis raître conflictuels - d’un syndicalisme médical hospitalo-spécialisé et d’organismes assureurs tenanciers d’hôpitaux ont plutôt tendance à entretenir le non changement de cap, voire à construire un extra-muros à partir de et sur le même modèle que l’intra-muros ! Cette perspective, nous la croyons qualitativement dangereuse, quantitativement onéreuse et fondamentalement réductrice de la santé à la maladie. Une politique de santé, tous les experts et même ceux de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) sont d’accord pour le dire, doit viser trois objectifs : offrir un rapport qualité / prix maximalisé, être accessible et rencontrer la satisfaction et les besoins des usagers. Continuer à développer une politique de soins de santé sur l’unique modèle hospitalier, c’est s’assurer de ne pas prendre en compte l’ensemble des déterminants et des problèmes de santé ! Les maisons médicales demandent des outils et de l’expertise au service de la politique de santé L’exercice d’une politique de santé communautaire et de proximité nécessite des mesures d’accompagnement qualitatives très importantes. Nous proposons la création d’un institut interdisciplinaire des soins de santé primaires qui, sur le modèle du NIVEL (Institut hollandais de recherche pour la première ligne) fournisse les conditions scientifiques de gestion de cette politique : recueil et traitements de données, programmation, évaluation, corrélation des données sanitaires, sociologiques et économiques, enquêtes sur l’état de santé de la population ou sur son degré de satisfaction... Il s’agit de répondre à la question de la finalité des décisions qui sont prises : « le pour faire quoi ? » et de pouvoir mettre ces décisions en perspective d’un objectif « santé ». Le numerus clausus est un bel exemple : on limite le nombre de médecins nouvellement diplômés à sept cent par an. Dans l’absolu ce chiffre n’a pas de sens ! Il faut savoir « des médecins : pourquoi faire ? » et ensuite on pourra dire combien et de quelle formation. Santé conjuguée - juin 1997 - n° 1 Les maisons médicales soucieuses du financement de la santé et du payement des soins Le financement des soins de santé reste une préoccupation importante et la garantie du maintien du cadre de la sécurité sociale un absolu : un système de solidarité et d’assurance qui rencontre les préoccupations de justice sociale. Le système d’assurance maladie confère à la médecine un statut très particulier de libéralisme subsidié dans le cadre des conventions médicomutuellistes. L’enjeu actuel est de garantir l’accès aux soins pour tous mais aussi de trouver un système de payement des prestations qui soutienne une approche plus globale de la santé et donc délie le bénéfice du prestataire du volume de ses prestations, mais pas de sa responsabilité dans la prise en charge. Le forfait à l’inscription est actuellement le mode de rémunération de 30 % des maisons médicales et pratiquement de toutes les nouvelles implantations. Dans le cadre réglementairement fixé par l’INAMI, les centres perçoivent un montant mensuel au prorata du nombre et de la qualité des patients inscrits (assuré ordinaire ou VIPO), qui correspond à un équivalent corrigé de la consommation moyenne sur le plan national. Dans ce cadre, l’INAMI évalue chaque année les consommations induites par les maisons médicales en matière d’hospitalisation, de biologie et d’imagerie et constate la réalisation d’une économie importante dans ces postes : des économies supérieures à celui des coûts des forfaits alloués ! Le décret des centres de santé, compétence des régions, devrait permettre aux maisons médicales d’intégrer les activités de prévention et de santé communautaire dans de meilleures conditions. A ce jour, les régions n’ont pas encore développé d’arrêtés d’application et les subsides alloués restent sans mesure avec les missions assignées. En Wallonie, le budget reste inchangé depuis plusieurs années malgré l’augmentation des centres. Si la région de Bruxelles a significativement augmenté ses subsides, il reste que ceux-ci sont inférieurs, dans le meilleur des cas à 5 % des chiffres d’affaire ! Tout ceci conduit à formuler et à mettre en débat ces propositions pour une politique de santé actualisée... et socialisée. CONGRES DE LA FEDERATION DES MAISONS MEDICALES En bref, les maisons médicales épinglent dans leur cahier de propositions pour une politique de santé quelques pistes concrètes : Pour une politique de santé communautaire et de proximité… dans une politique sociale équitable… 1. Il y a un lieu politique de décision à créer pour une politique de santé : choix et programmation des objectifs de santé, décloisonnement et mise en perspective. 2. Pour une politique qui, sur base d’un état de la situation, programme des objectifs-santé, les évalue et les corrige... 3. Pour une décision politique d’échelonnement assortie de moyens d’accompagnements scientifiques. 4. Pour un premier échelon accessible de façon maximaliste. 5. Pour une approche communautaire de la santé à tous les niveaux : adapter et rapprocher les ressources et les besoins, appeler les populations et les acteurs concernés à participer. 6. Pour un décret sur les centres de santé qui rencontre les moyens de sa politique. 7. Cent maisons médicales en l’an 2000 pour : « un centre de santé près de chez vous ». 8. De la santé à travers toutes choses : un appel à tous les secteurs de la vie sociale à intervenir comme déterminants positifs de santé. 9. Les systèmes n’ont de sens qu’au service de la santé. L’objet du champ de la santé est bien l’Homme comme sujet. La finalité de nos propositions est bien l’amélioration de la qualité de la vie de tous… Santé conjuguée - juin 1997 - n° 1 La charte des Maisons Médicales La charte est nourrie de la parole des équipes. Elle est une base commune, un texte mobilisateur, un projet. Ce n’est pas une description fidèle de ce que nous sommes, mais un modèle vers lequel nous sommes d’accord d’avancer et qui reste adaptable aux réalités des équipes et de leur site d’implantation. La charte est un moment fondateur : elle exprime nos orientations sur le plan durable des principes. Ces orientations se concrétisent dans un Cahier de propositions politiques dont notre espoir est qu’elles soient rapidement dépassées par les événements. La santé a de tous temps constitué un bien des plus précieux et chaque société s’est construit un système de soins à son image. Le progrès, l’efficacité et la rentabilité, moteurs de notre époque, organisent ainsi nos soins de santé. Ils nous ont conduit à des succès indéniables, mais aussi à des impasses. Trop exclusivement scientifique et technique, le progrès, parmi ses bienfaits, charrie la dévalorisation de l’humain, tend à le morceler, à nier son identité et son autonomie. La rentabilité semble autoriser la préséance de l’économique sur le social, et l’efficacité légitime pour beaucoup les résultats immédiats au détriment d’un projet politique. La crise du travail, la recherche de solutions techniques, la gestion limitée au présent, le repli sur les valeurs individuelles et l’effacement des projets de société incrustent leurs effets indésirables dans notre système de soins. L’inflation de coûts liés à la technicité médicale croissante se conjugue aux difficultés de financement de la sécurité sociale et aux critiques des mécanismes de solidarité pour menacer l’accès aux soins, en moduler la qualité et en pervertir la finalité. L’offre de soins se développe en fonction des capacités médicales et industrielles sans que soient évalués les besoins de la population et la manière dont ils sont rencontrés. C’est dans ce contexte que les maisons médicales soutiennent et expérimentent une autre manière de concevoir la santé et les soins de santé. l Qui sont les maisons médicales ? Nous sommes des associations autogérées proches de la population, dans lesquelles travaillent en équipe des médecins généralistes, des kinésithérapeutes, des infirmiers, des paramédicaux, des travailleurs sociaux, des accueillants, des professionnels de la santé mentale. Dans la représentation classique de l’organisation des soins de santé, nous nous situons en première ligne, celui des soins de santé primaires. La place centrale dans notre organisation revient à l’usager : la sauvegarde et le développement de son autonomie est un de nos objectifs prioritaires. Non moins primordial est notre souci de la santé communautaire : c’est dans et avec la collectivité que les usagers et les professionnels travaillent au développement de la santé. Confrontés de manière intime aux déterminants non médicaux de la santé, d’ordre social, économique et écologique, nous développons des partenariats avec la population et ses représentants, travaillons en réseau avec le tissu social et associatif, établissons des relais avec le politique, ainsi qu’avec les organismes compétents en matière de santé. l Nos points d’ancrage Nos objectifs et notre mode d’organisation incarnent dans notre activité professionnelle le projet d’une société bâtie sur des valeurs auxquelles nous sommes fermement attachés. • La justice sociale, conçue comme équité : que chacun reçoive selon ses besoins et contribue selon ses capacités. • La qualité des soins, déterminée par la satisfaction des usagers et évaluée à l’aide d’indicateurs de santé. • L’efficience, le rapport qualité/coût des soins : il n’est pas acceptable que des considérations économiques dégradent la qualité ou l’accessibilité des soins. Il n’en est pas moins vrai que leur coût ne peut être compté pour rien. Une organisation plus rationnelle peut maintenir et améliorer la qualité des soins à meilleur coût. • L’autonomie est la condition du développement et de l’épanouissement de chaque personne en relation avec les autres. Elle est garante de son statut de sujet et de citoyen dans une société dé- Santé conjuguée - juin 1997 - n° 1 CONGRES DE LA FEDERATION DES MAISONS MEDICALES mocratique. Elle implique la participation libre et responsable des individus et de la collectivité à la gestion de la santé. • La solidarité, valeur morale mais aussi outil très concret d’un système de soins de qualité accessible à tous. • La convivialité, qui met l’efficience et la technologie au service des hommes et de la vie en société, et non l’inverse. l La santé, les soins de santé Nous concevons la santé comme un processus dynamique qui tend vers un bien-être global, physique, affectif, relationnel et social... Elle est à la fois une création de la personne pour assumer son être et son devenir, en équilibre avec le monde où elle vit, et une création de la collectivité qui en réalise les conditions sociales, économiques, politiques et environnementales. L’accès à la santé est un droit fondamental pour tous, et constitue un objectif social ; l